
Le point du cartel : L'ombre de Chacorta
Le sol tremble. Une secousse violente fait vibrer les tôles ondulées du hangar clandestin, décrochant une pluie de poussière et de rouille qui vient se poser sur le capot de nos camions.
Story context
World description
Le monde est un théâtre de guerre transfrontalier ultra-violent où s'entrechoquent deux cultures criminelles. Au Sud, le Michoacán est une zone militarisée par l'armée de Cifuentes, forçant l'exode des Casillas. Au Nord, la frontière de Santo Padre en Californie est un carrefour stratégique contrôlé par la puissance corporative de Miguel Galindo et le bras armé des Mayans M.C., un club de motards soudé et tactique. Le conflit ...
Initial situation
L'empire Casillas vacille sous les coups de l'Opération Michoacán menée par le général corrompu Santiago Cifuentes. Brisé par la mort tragique de son fils Ismael, le légendaire Aurelio Casillas sort de l'ombre pour reconquérir son territoire. C'est à ce moment critique qu'apparaît Ismael Casillas Jr., le fils secret d'Ismael. À seulement 20 ans, impulsif et intelligent, il réclame son héritage de sang et reprend le surnom de s...
Objective
Pour Ismael Casillas Jr. (Moi) : Prouver sa légitimité au sein de la dynastie Casillas, venger la mort de son père et cimenter son nom de "Chacorta" en écrasant les Mayans M.C. pour s'emparer de leurs routes frontalières.Pour le cartel Casillas (Aurelio et Rutila) : Survivre à l'Opération Michoacán, contourner le blocage financier de La Felina et forcer le passage vers les États-Unis par les territoires de Galindo.Pour l'allia...
Character introduction

Ismael Casillas Jr. "Chacorta"
Role: Protagoniste, trafiquant de drogue et membre leader du groupe de choc du cartel Casillas.
Chapter samples
1Chapter 1▾
Le sol tremble. Une secousse violente fait vibrer les tôles ondulées du hangar clandestin, décrochant une pluie de poussière et de rouille qui vient se poser sur le capot de nos camions. Au loin, le sifflement d’un second missile de l’armée déchire l'air du Michoacán. Les hélicoptères du général Cifuentes sont en train de pilonner notre p...
Le sol tremble. Une secousse violente fait vibrer les tôles ondulées du hangar clandestin, décrochant une pluie de poussière et de rouille qui vient se poser sur le capot de nos camions. Au loin, le sifflement d’un second missile de l’armée déchire l'air du Michoacán. Les hélicoptères du général Cifuentes sont en train de pilonner notre principale piste d'atterrissage. Une de plus. Je ne cille pas. Mes doigts, gantés de cuir noir, restent fermement appuyés sur la grande carte dépliée entre nous. Autour de moi, la tension est palpable. Les Maras postés aux entrées serrent leurs fusils d'assaut, le regard nerveux tourné vers le ciel nocturne. — Ils ont bloqué la route sud, grogne Skinny en rechargeant nerveusement son arme. Si on ne bouge pas nos stocks d'ici une heure, Cifuentes va tout saisir. On est coincés, boss. Je relève les yeux vers l'homme assis au bout de la table. Aurelio Casillas. Mon grand-père. Le Seigneur des Ciels. Le visage marqué par la récente perte de mon père, Ismael, il fixe le vide, une lueur de rage froide au fond des yeux. L'Opération Michoacán de la DEA est en train de l'asphyxier, et il le sait. — On n'est pas coincés, je lance d'une voix coupante, brisant le silence. Aurelio tourne lentement son regard perçant vers moi. Il me jauge. Il cherche encore les traits de son fils disparu dans mon visage. — Et qu'est-ce que tu proposes, gamin ? me demande-t-il, la voix rauque. Ton père dirigeait mon groupe de choc, il savait quand battre en retraite. Toi, tu viens à peine de sortir de l'ombre. La colère monte instantanément dans ma gorge, acide, brûlante. Mon impulsivité me pousse à taper du poing sur la table, faisant sursauter Hach qui se tient en retrait. — Mon père est mort, et reculer ne le fera pas revenir ! Je ne suis pas venu pour me cacher dans un trou en attendant que la DEA nous cueille. Si le ciel du Michoacán est fermé, on va prendre la terre. Je plante mon index sur la carte, tout en haut, là où la ligne de la frontière américano-mexicaine coupe la Californie. — Santo Padre. C'est là qu'on va. Miguel Galindo a les banques, les accès, et des routes terrestres impeccables. On déplace le groupe de choc et les Maras là-bas. On envahit son territoire, et on force le passage vers les États-Unis. Skinny retient son souffle. Un silence lourd s'installe, seulement troublé par le grondement lointain des rotors militaires. Proposer d'attaquer le cartel de Galindo sur ses propres terres est une folie. C'est déclarer une guerre sur un second front. — Galindo est un homme d'affaires puissant, Chacorta, intervient Skinny à voix basse, utilisant pour la première fois mon nouveau surnom. Il gère la frontière avec les Mayans M.C., des motards locaux qui connaissent chaque centimètre du désert. Ils ne se laisseront pas faire. — Alors on les écrasera, je réplique, le regard braqué dans celui d'Aurelio. Laisse-moi y aller. Laisse le groupe de choc ouvrir cette route. Je te promets que Galindo pliera, ou qu'il se noiera dans son propre sang. Aurelio me fixe de longues secondes. Un demi-sourire cruel étire ses lèvres. Il reconnaît cette rage. C'est celle des Casillas. Il se lève, pose sa main lourde sur mon épaule et plante ses yeux dans les miens. — Va en Californie, gamin. Prends Skinny, Hach et les Maras. Montre à ce costume-cravate de Galindo ce que ça coûte de barrer la route au Seigneur des Ciels. Mais ne te loupe pas. Si tu échoues là-bas, la DEA ne sera que le cadet de tes soucis. Rapidement, nous chargeons le plus de stock possible avant de toutes perdre lors de l'attaque et nous allons vers une de nos planque sécurisée à Veracruz. Trois heures plus tard, le Michoacán n'est plus qu'un souvenir embrasé derrière nous. À bord de notre Tahoe noire, filant à toute allure vers le désert de Sonora et la frontière californienne, l'adrénaline me brûle les veines. Le voyage va être long, mais Santo Padre nous attend. Et je compte bien y faire entrer l'enfer.
2Chapter 2▾
Le convoi s’engouffre dans la planque fortifiée de Veracruz comme une meute de loups regagnant sa tanière. Les portes métalliques du hangar clandestin coulissent derrière nous dans un grincement sinistre, et l’obscurité humide du lieu nous enveloppe. L’odeur de poudre, de rouille et de sueur imprègne l’air épais. Je saute du Tahoe avant ...
Le convoi s’engouffre dans la planque fortifiée de Veracruz comme une meute de loups regagnant sa tanière. Les portes métalliques du hangar clandestin coulissent derrière nous dans un grincement sinistre, et l’obscurité humide du lieu nous enveloppe. L’odeur de poudre, de rouille et de sueur imprègne l’air épais. Je saute du Tahoe avant même que le moteur ne s’éteigne complètement, mes bottes frappant le sol en ciment craquelé. Autour de moi, les hommes s’activent dans une urgence silencieuse. Skinny et Hach dirigent déjà le déchargement des caisses d’armes et de marchandises sauvées du Michoacán, leurs silhouettes découpées par les seuls faisceaux des phares encore allumés. Je porte le talkie-walkie à mes lèvres, ma voix coupante traversant le brouhaha des moteurs et des ordres criés. — Verrouillez toutes les issues. Je veux des hommes sur chaque angle mort. Personne n’entre, personne ne sort sans mon feu vert. Les Maras s’exécutent sans un mot. Leurs pas lourds résonnent sur les passerelles métalliques qui surplombent le hangar. Je les regarde prendre position, leurs armes braquées vers l’extérieur, leurs regards perçants scrutant l’obscurité au-delà des murs. La discipline que j’exige d’eux est absolue. Pas un signal radio superflu. Pas un mouvement suspect. Nous devons être des fantômes. Je rassemble les chefs des Maras autour du capot d’un pick-up, la carte dépliée sous leurs yeux. Leurs visages sont durs, marqués par des années de guerre et de survie. Je plante mon index sur la route qui serpente vers le nord. — On reste invisibles jusqu’à Santo Padre. Pas de convoi qui traîne, pas de fiesta en bord de route. On traverse comme l’ombre d’un nuage. L’un d’eux, un homme au visage balafré, hoche lentement la tête. Il comprend. Ils comprennent tous. La moindre erreur et nous attirons l’attention de Galindo ou des fédéraux. Mon téléphone satellite vibre dans ma poche. Un message crypté de La Felina. Je le déchiffre rapidement, un sourire froid naissant sur mes lèvres. Le réseau bancaire de Galindo à la frontière ne se doute de rien. Nos comptes sont toujours opaques, nos mouvements indétectables. Je relève la tête vers mes hommes. — Galindo ne saura jamais qu’on arrive avant qu’on soit dans son salon. Skinny s’approche, essuyant la sueur sur son front. Il jette un coup d’œil à la carte, puis à moi. — On est prêts dans vingt minutes, Chacorta. Les caisses sont sécurisées. Je hoche la tête, le regard déjà fixé vers la sortie nord du hangar. La route vers Santo Padre s’étend devant nous, longue et dangereuse. Mais ce soir, je ne vois que la ligne d’arrivée. — Alors on y va. Que les hommes se préparent. On roule dans vingt minutes, et on ne s’arrête plus jusqu’à la frontière. Les Maras se dispersent comme une vague silencieuse, et le hangar s’emplit du bruit étouffé des préparatifs. Je reste un instant immobile, les poings serrés, sentant le poids de la mission peser sur mes épaules. Mon père n’a pas survécu pour voir ça. Mais moi, je vais finir ce qu’il a commencé.
3Chapter 3▾
Le soleil de Santo Padre est une lame blanche qui tranche l'horizon quand nous prenons position derrière la crête. La chaleur vibre au-dessus du bitume défoncé, et le désert s'étend autour de nous comme une mer de poussière et de silence. Mes doigts serrent le volant du Tahoe, les gants de cuir crissant sur le plastique brûlant. Skinny e...
Le soleil de Santo Padre est une lame blanche qui tranche l'horizon quand nous prenons position derrière la crête. La chaleur vibre au-dessus du bitume défoncé, et le désert s'étend autour de nous comme une mer de poussière et de silence. Mes doigts serrent le volant du Tahoe, les gants de cuir crissant sur le plastique brûlant. Skinny est accroupi contre la portière, ses jumelles collées à ses yeux. Il ne dit rien depuis dix minutes. Il écoute le désert. Moi, je compte les secondes. — Ils arrivent, murmure-t-il soudain. Je tourne la tête vers Hach, posté à l'entrée du camion bâché qui bloque la route à quelques centaines de mètres. Il attend mon signal, immobile comme une statue de sel. Je lui fais un signe bref, et il disparaît derrière le volant. Le bruit des moteurs gonfle dans la distance. Un grondement grave, multiple. Les motos des Mayans. Je les imagine filant sur la route poussiéreuse, chargés de la marchandise de Galindo, confiants dans leur territoire. Ils ne savent pas encore que ce territoire vient de changer de main. Je dégoupille la grenade accrochée à mon gilet. La goupille tombe dans la poussière, et je sens le poids de l'explosif dans ma paume, prêt à mordre. Le premier motard apparaît au détour du virage. Puis un deuxième. Un troisième. Le convoi s'étire sur une centaine de mètres, une dizaine d'hommes, Bishop en tête, son kutte des Mayans claquant dans le vent. Je regarde Hach. Le camion démarre dans un craquement de boîte de vitesses et s'engage sur la route, bloquant le passage. Les motards freinent brutalement, le crissement des pneus déchirant l'air. — Maintenant, je lance. Je bondis du Tahoe, la grenade déjà en arrière. Mon bras décrit un arc parfait, et l'engin disparaît derrière la ligne des motos. L'explosion déchire le silence du désert, une gerbe de terre et de métal s'élevant vers le ciel. J'ouvre le feu. La première rafale balaie les deux motards de tête. Ils tombent comme des sacs, leurs corps heurtant le bitume dans un bruit sourd. Les Maras surgissent des rochers, leurs armes crachant la mort. Le chaos est total, une symphonie de détonations et de cris. Je marche à travers la fumée, mon fusil d'assaut collé à l'épaule, visant chaque mouvement. Skinny est à ma droite, Hach couvre la gauche. Les Mayans n'ont pas le temps de réagir. Leur supériorité tactique, leur connaissance du terrain, tout s'effondre sous notre puissance de feu brute. Bishop est à terre, le visage en sang, rampant vers sa moto renversée. Je m'arrête devant lui, l'ombre de mon corps le couvrant. Il lève les yeux, et je vois la haine brûler dans son regard. Je baisse mon arme, laisse la fumée retomber autour de nous. Le silence revient, lourd et poisseux. — Ce désert appartient aux Casillas maintenant, dis-je, ma voix calme traversant l'air saturé de poudre. Dites à Galindo que le loyer vient d'augmenter. Je tourne les talons sans attendre sa réponse. Derrière moi, les Maras commencent à charger les caisses de marchandise dans nos véhicules, tandis que les flammes lèchent les carcasses des motos. Le message est clair. Il brûle déjà dans le désert de Santo Padre.




