Sous la Canopée des Ombres
Public Story

Sous la Canopée des Ombres

Le vent froid déchire ma combinaison de saut, mais mon corps reste immobile, concentré sur le vide. La jungle en contrebas n'est qu'une masse indistincte, une gueule ouverte qui attend de nous avaler.

WildSentinel743
AuthorWildSentinel743
Created31. August 2026
Chapters4

Story context

World description

La jungle costaricaine est un personnage à part entière : humide, étouffante, grouillante de vie et de dangers invisibles. Les arbres centenaires forment une cathédrale de verdure, où la lumière du jour peine à percer. Le camp de Christo est une plaie dans cette nature, un assemblage de bâches kaki et de conteneurs rouillés, gardé par des hommes armés jusqu'aux dents. L'air est chargé de l'odeur de la terre mouillée, de la tra...

Initial situation

Le vent siffle à travers la soute ouverte du C-130. Tu ajustes ton masque à oxygène, le regard fixé sur l'obscurité en contrebas. La jungle costaricaine s'étend, immense et silencieuse, un tapis vert et noir sous la lune. À la radio, la voix du lieutenant Rorke crachote un dernier briefing : 'On a une fenêtre de trente minutes avant que la patrouille ne change. L'objectif est clair : exfiltrer Morales. Pas de héros, pas de bru...

Objective

Exfiltrer Lisa Morales, agente de la CIA capturée et torturée par le cartel de Mikhaïl 'Christo' Troïkovitch, depuis son camp retranché dans la jungle du Costa Rica.

Chapter samples

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Chapter 1
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Le vent froid déchire ma combinaison de saut, mais mon corps reste immobile, concentré sur le vide. La jungle en contrebas n'est qu'une masse indistincte, une gueule ouverte qui attend de nous avaler. Je compte les secondes, le souffle régulier dans le masque. — Weimy, tu passes en premier. La voix de Rorke dans l'oreillette, calme comm...

Le vent froid déchire ma combinaison de saut, mais mon corps reste immobile, concentré sur le vide. La jungle en contrebas n'est qu'une masse indistincte, une gueule ouverte qui attend de nous avaler. Je compte les secondes, le souffle régulier dans le masque. — Weimy, tu passes en premier. La voix de Rorke dans l'oreillette, calme comme s'il commandait un exercice d'entraînement. Je hoche la tête, même s'il ne peut pas me voir, et je bascule dans le vide. La chute est brutale, un coup de poing dans le ventre. L'air siffle autour de moi, déchire le silence de la soute. J'écarte les bras, les jambes, je stabilise ma trajectoire. Le sol monte, rapide, trop rapide. Je tire sur la poignée d'ouverture, le parachute s'arrache de mon dos avec un bruit sec, et la secousse me comprime la colonne vertébrale. Puis le silence. Je plane au-dessus de la canopée, suspendu entre ciel et enfer. Les arbres défilent en dessous de moi, une mer sombre et mouvante. Je tire sur les suspentes, oriente ma descente vers la trouée que j'ai repérée depuis les airs, une cicatrice pâle dans le vert profond. L'atterrissage est rude. Mes bottes s'enfoncent dans la boue, mes genoux absorbent le choc, et je roule sur le côté pour amortir. Le parachute s'affaisse autour de moi, une toile fantôme dans l'obscurité. Je reste immobile quelques secondes, le temps d'écouter. La jungle respire. Des insectes stridulent, quelque chose craque dans les fourrés, un oiseau nocturne lance un cri déchirant. Rien d'humain. Rien qui claque ou qui gronde. Je me libère du harnais d'un geste rapide, replie la voile en boule et l'enfonce sous un tas de feuilles mortes. Mon fusil est déjà en main, la crosse contre l'épaule, la culasse vérifiée par automatisme. Le froid de l'acier, le poids familier. Je suis chez moi. — Oiseau tombé, je murmure dans le micro-cravate. Les réponses s'enchaînent, laconiques. Dave, Mikey, Ray, Sonny, Ajay. Tout le monde est au sol. Rorke confirme le point de rassemblement, à deux cents mètres au nord-est. Je m'enfonce dans la végétation, chaque pas mesuré, chaque branche écartée avec précaution. L'odeur de la terre mouillée emplit mes narines, mêlée à celle de la transpiration et de la végétation en décomposition. La chaleur humide colle mon treillis à la peau. Je me déplace comme une ombre, le fusil prêt, les yeux qui fouillent chaque recoin d'ombre. Le camp de Christo est à trois kilomètres. Et Lisa Morales est quelque part là-dedans, entre les mains de ce salaud. Je presse le pas, silencieux, et la nuit m'avale tout entier.

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Chapter 2
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Je m’accroupis derrière un tronc moussu, le genou dans la boue, et je cale la crosse contre mon épaule. Le viseur balaie la trouée, lentement, méthodiquement. La lunette capture des fragments de nuit, des feuilles qui tremblent, une branche cassée qui pend encore par un filament d’écorce. Frais. Très frais. Le sentier serpente entre les ...

Je m’accroupis derrière un tronc moussu, le genou dans la boue, et je cale la crosse contre mon épaule. Le viseur balaie la trouée, lentement, méthodiquement. La lunette capture des fragments de nuit, des feuilles qui tremblent, une branche cassée qui pend encore par un filament d’écorce. Frais. Très frais. Le sentier serpente entre les arbres, une langue de terre battue où les empreintes se devinent plus qu’elles ne se voient. Pas de bruit de pas. Pas de voix. Juste la jungle qui reprend ses droits, mais quelque chose cloche. Une anomalie dans le rythme des insectes, un silence trop appuyé sur ma gauche. Je presse le micro-cravate contre ma gorge. — Rorke, j’ai un sentier frais sur ma droite. On suit ou on contourne ? Ma voix n’est qu’un souffle, avalé par le casque et la nuit. J’attends, l’index le long du pontet, les yeux vissés à la lunette. Le temps s’étire. Une goutte de sueur coule le long de ma tempe, et je ne cligne même pas. La réponse arrive, grésillante, à peine audible. — Weimy, reste en couverture. Je veux un rapport avant de décider. Dave, t’es en position ? Le silence qui suit est celui de l’attente, pesant comme l’humidité qui imprègne mon treillis. Je maintiens ma position, le souffle régulier, le corps immobile malgré les fourmis qui commencent à grimper dans ma jambe gauche. La mousse du tronc est humide sous mes doigts, une odeur de terre et de champignon qui monte jusqu’à moi. — Dave en position, confirme la voix du squad leader, grave et posée. Je vois Weimy à dix heures. Rien à signaler sur mon axe. Je relâche une expiration lente. Rorke va prendre une décision, et d’ici quelques secondes, on saura si on s’enfonce dans ce sentier ou si on le contourne par l’est. Les deux options ont leurs risques. Le sentier, c’est la vitesse, mais aussi la possibilité d’une embuscade. Le contournement, c’est du temps perdu dans une jungle qui n’attend que notre erreur. Mon pouce caresse le levier d’armement, par habitude, par besoin de sentir le métal sous ma peau. Le camp de Christo est à trois kilomètres, et Lisa Morales est là-bas, quelque part, dans l’attente ou dans la douleur. — On contourne, finit par trancher Rorke. Trop risqué de s’exposer sur un chemin qu’on connaît pas. Weimy, tu guides. Dave, tu couvres ses arrières. Tout le monde en formation serrée. Je me relève sans bruit, les jambes engourdies, et je m’enfonce dans l’ombre épaisse, à l’écart du sentier. La végétation se referme derrière moi, avalant toute trace de mon passage.

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Chapter 3
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Je m’accroupis et scrute la canopée, l’index le long du pontet, les yeux plissés pour percer l’épaisseur des frondaisons. Les branches s’entrelacent au-dessus de moi, formant un plafond mouvant où la lumière de la lune se brise en fragments argentés. Rien ne bouge. Pas de silhouette qui se découpe contre le ciel, pas de froissement suspec...

Je m’accroupis et scrute la canopée, l’index le long du pontet, les yeux plissés pour percer l’épaisseur des frondaisons. Les branches s’entrelacent au-dessus de moi, formant un plafond mouvant où la lumière de la lune se brise en fragments argentés. Rien ne bouge. Pas de silhouette qui se découpe contre le ciel, pas de froissement suspect. Juste le souffle humide de la jungle qui m’enveloppe. Derrière moi, j’entends le frottement feutré des semelles sur la terre meuble. Rorke s’accroupit à son tour, et le clic à peine audible de sa frontale résonne dans le silence. Une lueur rouge, ténue, éclaire ses mains tandis qu’il extrait une carte topographique de sa poche ventrale. Le filtre rouge ne porte pas à plus d’un mètre, mais dans cette obscurité, c’est une petite étoile qui le trahit. L’équipe se resserre autour de lui, un cercle d’ombres qui retiennent leur souffle. Dave s’agenouille à ma droite, le canon de son M4 pointé vers l’extérieur, les yeux balayant la végétation. Sonny se tient en retrait, la mitrailleuse calée contre sa hanche, le regard dur. Mikey tripote nerveusement la fermeture de son sac de charge, et je devine son anxiété à la façon dont ses doigts tambourinent contre le tissu. Rorke pose la carte à plat sur ses genoux, la lueur rouge révélant les courbes de niveau, les lignes bleues des cours d’eau, et le carré rouge qui marque le camp de Christo. Il trace un arc du bout du doigt, de notre position estimée jusqu’à l’objectif. — On est là, murmure-t-il en tapotant un point à l’ouest du camp. Deux kilomètres et demi à vol d’oiseau. Mais le terrain, c’est une autre histoire. Je quitte la canopée des yeux pour jeter un coup d’œil à la carte. La mémoire des repères visuels que j’ai captés pendant la descente me revient : une crête rocheuse à l’est, un lit de rivière asséché qui serpente vers le nord. Le camp est niché dans une cuvette naturelle, protégé par la végétation et par la topographie. — Si on passe par cette crête, on a un angle de tir dégagé sur le quartier général, je souffle en désignant la zone. Mais on sera exposés pendant la traversée du ravin. Rorke hoche la tête, les mâchoires serrées. La lueur rouge creuse les rides de son visage, lui donnant une expression de masque tragique. — On n’a pas le choix. Le sentier est trop risqué, et le temps joue contre nous. On suit la crête, on traverse le ravin en silence, et on établit la position de tir à deux cents mètres du camp. Il replie la carte d’un geste sec, et la frontale s’éteint. L’obscurité nous engloutit à nouveau, plus épaisse encore après cette brève accalmie lumineuse. Je sens le poids de la mission qui s’alourdit sur mes épaules, mais je me contente de vérifier une dernière fois mon viseur avant de me relever. Rorke me tapote l’épaule en passant. — Weimy, tu ouvres la marche. On te suit.

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