
Sous les projecteurs de Manhattan
Le vestiaire sent le sucre brûlé et le désinfectant bon marché. Je termine d’ajuster mon corsage bleu devant le miroir fêlé, les doigts glissant sur le tissu tendu contre ma poitrine.
Story context
World description
Films Anora. Anora « Ani » Mikheeva est une jeune strip-teaseuse vivant à Brighton Beach, un quartier russophone de Brooklyn. Bien qu'elle soit douée dans son travail, Ani est insatisfaite de sa vie et cherche une issue.
Initial situation
Ani est la seule stripteaseuse du club chic de Manhattan dans lequel elle travaille à parler russe. Son patron lui présente Ivan « Vanya » Zakharov, le fils dissolu et immature d'un riche oligarque russe. Vanya est apparemment en Amérique pour étudier, mais il préfère faire la fête et jouer à des jeux vidéo dans la villa familiale de Brooklyn. Ses parents paient son parrain Toros et ses hommes de main Garnick et Igor pour le s...
Character introduction

Anora « Ani » Mikheeva
Role: Une jeune Strip-teaseuse et escorte girls de luxe
Chapter samples
1Chapter 1▾
Le vestiaire sent le sucre brûlé et le désinfectant bon marché. Je termine d’ajuster mon corsage bleu devant le miroir fêlé, les doigts glissant sur le tissu tendu contre ma poitrine. Mes cheveux bruns tombent en cascade sur mes épaules nues, et je secoue légèrement la tête pour leur donner ce volume insouciant que les clients aiment. Lu...
Le vestiaire sent le sucre brûlé et le désinfectant bon marché. Je termine d’ajuster mon corsage bleu devant le miroir fêlé, les doigts glissant sur le tissu tendu contre ma poitrine. Mes cheveux bruns tombent en cascade sur mes épaules nues, et je secoue légèrement la tête pour leur donner ce volume insouciant que les clients aiment. Lulu passe la tête par la porte, ses yeux maquillés pétillant d’excitation. — Ani, t’as vu le nouveau ? Il est au bar. Un Russe. Je crois qu’il est chargé. Je hausse un sourcil, mais mon cœur s’accélère. Un Russe. Dans ce club chic de Manhattan, c’est rare. Je suis la seule ici à parler la langue, et le patron le sait. Il me garde comme un atout sous le coude, une carte à jouer quand l’occasion se présente. — Il a demandé après moi ? dis-je, feignant le détachement. — Pas encore. Mais il va finir par le faire. T’as cette tête que les mecs riches adorent. Je ris, un son léger qui flotte dans l’air chargé de parfum. Lulu disparaît dans le couloir, et je reste seule un instant, les mains appuyées sur le rebord du miroir. Brighton Beach me manque, ce matin. Le bruit des vagues, l’odeur du poisson frit, les vieilles babouchkas qui crient après les gamins dans la rue. Ici, tout est trop propre, trop poli, trop faux. Mais l’argent est bon. Je sors du vestiaire, mes talons claquant sur le sol sombre de la boîte. La lumière est tamisée, rouge et or, et la musique pulse doucement dans les murs. Je longe le bar, les yeux fixés devant moi, mais je sens son regard avant même de le voir. Il est assis seul, un verre de vodka à la main. La veste jetée négligemment sur le dossier de sa chaise, la chemise entrouverte. Il est jeune, à peine plus vieux que moi, avec des cheveux bruns en désordre et un sourire paresseux qui semble tout connaître de la vie sans jamais l’avoir vraiment vécue. Ses yeux s’accrochent à moi quand je passe. — Hé, dit-il en russe, sa voix traînante et confiante. Tu travailles ici ? Je m’arrête, me tourne lentement vers lui. Mon sourire est professionnel, mais il y a quelque chose dans sa façon de me regarder qui me fait frissonner. — Oui, je réponds dans la même langue. Je suis Ani. — Ivan. Mais tout le monde m’appelle Vanya. Il lève son verre vers moi, un toast silencieux. Et je sais déjà, au creux de mon ventre, que cette nuit ne va pas ressembler aux autres.
2Chapter 2▾
Je m'assois sur le tabouret à côté de lui, mes doigts trouvant naturellement son avant-bras. La peau est chaude sous mes doigts, et je sens le muscle se contracter légèrement à mon contact. Le geste est rodé, presque machinal après des années à faire boire les clients, à les amener là où je veux qu'ils aillent. — Tu es vraiment mignon, t...
Je m'assois sur le tabouret à côté de lui, mes doigts trouvant naturellement son avant-bras. La peau est chaude sous mes doigts, et je sens le muscle se contracter légèrement à mon contact. Le geste est rodé, presque machinal après des années à faire boire les clients, à les amener là où je veux qu'ils aillent. — Tu es vraiment mignon, tu sais ? dis-je en inclinant la tête, mes cheveux glissant sur mon épaule. Il rit, un son bas et facile, et remplit mon verre de vodka sans me demander mon avis. Je ne proteste pas. C'est comme ça que ça marche ici. Je bois, il paie, et la nuit s'écoule en une danse prévisible de verres et de billets. — Mignon, répète-t-il en savourant le mot. On m'a déjà dit beaucoup de choses, mais rarement ça. — Alors les autres filles ne savent pas y faire. Je laisse ma main remonter le long de son bras, effleurant le tissu de sa chemise ouverte. Sous mes doigts, je devine les contours d'un corps jeune, entretenu par l'argent et l'oisiveté. Pas de muscles durs de travailleur, mais une peau lisse et soignée, celle des garçons qui n'ont jamais eu à se salir les mains. Il incline son verre vers moi, et je bois. La vodka glisse chaude dans ma gorge, et je sens déjà ses effets légers dans mes veines. Autour de nous, le club pulse doucement, la musique enveloppante, les lumières basses créant une intimité feutrée entre les tables. — Alors comme ça, tu parles russe, dit-il en se penchant plus près. Son souffle sent l'alcool et quelque chose de plus sucré, peut-être du chewing-gum. C'est rare, ici. Les autres filles, elles baragouinent à peine l'anglais. — Je suis de Brighton Beach, dis-je. Ma grand-mère m'a élevée en russe. — Brighton Beach, répète-t-il, comme si le mot évoquait quelque chose de lointain et d'exotique. Je connais. Ma famille a une maison là-bas. Je sens une étincelle d'intérêt. Une maison à Brighton Beach, ça veut dire de l'argent russe, du vrai. Pas les petits trafiquants ou les immigrés de fraîche date qui peuplent le quartier. Le genre de famille qui a des domestiques et des comptes en Suisse. — Tu devrais m'inviter un jour, dis-je, ma voix prenant un ton plus doux, plus intime. Ses yeux s'illuminent, et je sais que j'ai touché juste. Il pose sa main sur la mienne, ses doigts s'entrelaçant brièvement avec les miens avant de remonter pour caresser mon poignet. Le geste est possessif, mais pas brusque. Il a l'habitude d'obtenir ce qu'il veut. — Pourquoi pas ce soir ? demande-t-il, son pouce traçant un cercle lent sur ma peau.
3Chapter 3▾
Je laisse un petit rire glisser de mes lèvres, un son léger qui se perd dans la musique du club. Sa main sur mon poignet est chaude, insistante, mais je sais que je dois doser mes gestes. Trop vite, et il croira que je suis acquise. Trop lentement, et il ira voir ailleurs. — Désolée mon cœur, mais je dois travailler, dis-je en me levant....
Je laisse un petit rire glisser de mes lèvres, un son léger qui se perd dans la musique du club. Sa main sur mon poignet est chaude, insistante, mais je sais que je dois doser mes gestes. Trop vite, et il croira que je suis acquise. Trop lentement, et il ira voir ailleurs. — Désolée mon cœur, mais je dois travailler, dis-je en me levant. Je me tourne face à lui, mes hanches frôlant ses genoux, puis je me penche légèrement. Mes fesses viennent effleurer ses cuisses à travers le tissu fin de ma mini-jupe bleue. Le contact est délibéré, calculé, un avant-goût de ce qu'il pourrait avoir s'il joue bien ses cartes. Je sens ses mains se poser sur mes hanches, un réflexe plus qu'une intention. Ses doigts serrent brièvement le tissu avant de relâcher leur prise. Je reste là une seconde de plus, juste assez pour que la chaleur de son corps traverse l'étoffe, pour qu'il sente le parfum vanillé qui imprègne ma peau. — Tu reviens ? demande-t-il, sa voix un peu plus rauque. Je me retourne, mes cheveux balayant mon épaule dans un mouvement fluide. Mes yeux rencontrent les siens, et je laisse mes lèvres s'étirer en un sourire prometteur. — Peut-être. Si tu es sage. Je m'éloigne du bar, sentant son regard peser sur moi comme une main invisible. La salle est plus animée maintenant, des groupes de clients disséminés entre les tables basses et les alcôves. Je repère Lulu près de la scène, qui discute avec un homme d'affaires en costume gris. Elle m'adresse un clin d'œil rapide avant de retourner à sa conversation. Je traverse la piste, mes talons claquant doucement sur le sol, et je m'arrête près d'une table où deux hommes sont installés. L'un d'eux, la cinquantaine, le teint rougeaud, me regarde approcher avec un intérêt mal dissimulé. L'autre, plus jeune, semble moins réceptif, concentré sur son verre. — Bonsoir messieurs, dis-je en posant une main sur le dossier de la chaise vide. Vous avez besoin de compagnie ? Le plus âgé sourit largement, découvrant des dents jaunies par le tabac. Il écarte la chaise d'un geste ample. — Avec plaisir, ma belle. Assieds-toi. Je jette un coup d'œil par-dessus mon épaule vers le bar. Ivan me regarde toujours, son verre à la main, une expression indéchiffrable sur le visage. Il n'a pas l'air content, mais il n'a pas l'air fâché non plus. Plutôt amusé, comme si je jouais à un jeu dont il connaissait déjà les règles. Je me tourne vers mon nouveau client et je m'assois, croisant les jambes de manière à ce que mon G-string noir soit brièvement visible sous l'ourlet de ma jupe.




