
Trahison sous la poussière de Dwyer
Le vent chaud de la nuit afghane soulève la poussière du dirt lot alors que je jette mon sac sur l'épaule. La base de Dwyer.
Story context
World description
Universe: Earth
Initial situation
The story is "Time travel" themed. The name of the start setting starts with a "D".
Character introduction

Sergent 1st Class "Hammer"
Role: Sergeant First Class (E-7) | Rôle : Weapons Sergeant (18B).
Chapter samples
1Chapter 1▾
Le vent chaud de la nuit afghane soulève la poussière du dirt lot alors que je jette mon sac sur l'épaule. La base de Dwyer. C'est ici que tout a commencé à sentir le moisi, il y a trois semaines. Le Captain Thorne nous attend près du QG, les bras croisés, son treillis impeccable même sous cette chaleur de merde. À côté de lui, Jax roule...
Le vent chaud de la nuit afghane soulève la poussière du dirt lot alors que je jette mon sac sur l'épaule. La base de Dwyer. C'est ici que tout a commencé à sentir le moisi, il y a trois semaines. Le Captain Thorne nous attend près du QG, les bras croisés, son treillis impeccable même sous cette chaleur de merde. À côté de lui, Jax roule une cigarette entre ses doigts en me regardant approcher. — Hammer, dit Thorne. Content que tu sois là. Je hoche la tête. Mon regard balaie la garnison. Des lumières tamisées, des silhouettes qui passent entre les tentes, le ronronnement lointain d'un générateur. Rien d'anormal en apparence. Mais je connais cette impression. Celle d'être observé. — Reed a capté quelque chose, continue Thorne en me tendant une tablette. Une fréquence satellite. Elle n'est pas dans nos registres. Je fais glisser mon pouce sur l'écran. Des données chiffrées, des horodatages, des coordonnées. Le travail de Khan. Notre interprète. Celui qui partageait notre thé, nos rires, nos planques. — Tu en es sûr ? je demande. — À cent pour cent, répond Jax en allumant sa cigarette. Ce fils de pute nous vendait à l'ennemi pendant qu'on lui sauvait la gueule. Thorne serre la mâchoire. Je vois le conflit dans ses yeux. Le poids de six mois de confiance brisée. — On a une fenêtre, dit-il enfin. Dans deux heures, une patrouille locale quitte le poste avancé. Khan sera avec eux. On le cueille avant qu'il passe la montagne. Je sens l'adrénaline monter, familière, presque réconfortante. Mes doigts effleurent la crosse de mon M4. — Et après ? Thorne plonge son regard dans le mien. — Après, on découvre jusqu'où ça remonte. Parce que si Khan vendait nos positions, quelqu'un d'autre les achetait. Et ce quelqu'un est encore dans le coin. Le vent soulève un nuage de sable fin. Quelque part dans la nuit, un chien aboie. Dwyer retient son souffle, et moi, je retiens le mien.
2Chapter 2▾
Je fais glisser la culasse de mon M4, vérifie la chambre d’un coup d’œil, puis laisse le chargeur s’enclencher avec un claquement sec. Le geste est automatique, un rituel qui me recentre. J’ajuste la sangle du sac sur mon épaule, répartissant le poids pour la course qui nous attend. Thorne m’observe sans rien dire. Il connaît ce moment. ...
Je fais glisser la culasse de mon M4, vérifie la chambre d’un coup d’œil, puis laisse le chargeur s’enclencher avec un claquement sec. Le geste est automatique, un rituel qui me recentre. J’ajuste la sangle du sac sur mon épaule, répartissant le poids pour la course qui nous attend. Thorne m’observe sans rien dire. Il connaît ce moment. Celui où l’on passe de l’écoute à l’action. Jax écrase sa cigarette sous sa botte, le regard déjà perdu vers les collines sombres qui bordent la base. — On y va dans vingt minutes, dit Thorne. On prend le Humvee jusqu’au point de chute, puis on continue à pied. Reed nous suit en com depuis le QG. Je hoche la tête. La nuit est calme, trop calme. Le genre de silence qui précède les mauvais coups. — Khan sait qu’on a des soupçons ? je demande. Thorne secoue la tête. — Non. Mais il se doute que quelque chose cloche. Il a annulé deux rendez-vous avec moi cette semaine. Prétexté des problèmes familiaux. — Des problèmes familiaux, répète Jax avec un ricanement froid. Ouais, et moi je suis le roi d’Angleterre. Je regarde la tablette que Thorne tient encore. Les coordonnées y sont claires. Le point de rendez-vous, à trois kilomètres au nord-est du poste avancé. Un col étroit, idéal pour une embuscade. Ou pour une livraison. — On a un plan d’approche ? je demande. Thorne sort une carte pliée de sa poche et l’étale sur le capot d’un Humvee garé à côté. La lampe torche de Jax éclaire le papier froissé. — On descend par le lit de la rivière asséchée, dit Thorne en traçant une ligne du doigt. Ça nous met à couvert jusqu’à cinquante mètres du col. Après, on se déploie en demi-cercle. Je mémorise les reliefs, les courbes de niveau, les points d’ombre. Le vent soulève un nouveau nuage de poussière, et je plisse les yeux. — Et si Khan n’est pas seul ? je demande. Thorne relève la tête, et je vois dans ses yeux la même réponse que je connais déjà. — Alors on s’adapte.
3Chapter 3▾
La question reste suspendue dans l'air nocturne. Thorne plie la carte lentement, comme s'il pesait ses mots. — Khan a toujours été fiable, je confirme. Cinq ans qu'il travaille avec nous. Il nous a sortis de trois embuscades, il nous a donné des renseignements sur les caches d'armes, il a même refusé de l'argent une fois parce qu'il esti...
La question reste suspendue dans l'air nocturne. Thorne plie la carte lentement, comme s'il pesait ses mots. — Khan a toujours été fiable, je confirme. Cinq ans qu'il travaille avec nous. Il nous a sortis de trois embuscades, il nous a donné des renseignements sur les caches d'armes, il a même refusé de l'argent une fois parce qu'il estimait que l'info était trop vieille pour être payée. Jax crache sur le côté, les mains enfoncées dans les poches de son treillis. — Les gens changent, Hammer. L'argent, la peur, une famille à protéger. Tu connais la chanson. — Je sais. Mais ça ne colle pas. Khan n'est pas un opportuniste. C'est un nationaliste. Il croit en son pays, même si son pays est en train de brûler. Thorne lève les yeux vers moi, et je vois une lueur de gratitude dans son regard. Lui aussi a du mal à accepter que l'homme avec qui il a partagé le thé, les repas, les longues veilles, puisse être un traître. — Tu as raison, dit-il doucement. Mais les faits sont là. Les fréquences satellites, les transferts de données, les rendez-vous annulés. Reed a retrouvé des appels vers un numéro à Islamabad. Un numéro que nous n'avons jamais enregistré dans nos fichiers. — Islamabad, je répète. Pas Kaboul. — Exactement. Khan ne travaille pas pour les talibans. Il travaille pour quelqu'un d'autre. Jax sort une nouvelle cigarette de son paquet, la roule entre ses doigts sans l'allumer. — Peut-être qu'il a été retourné. Peut-être qu'il joue double jeu depuis le début. On ne saura pas tant qu'on ne l'aura pas attrapé. Je regarde les collines sombres qui s'étendent devant nous. La nuit est profonde, sans lune, parfaite pour une infiltration. Quelque part là-bas, Khan nous attend peut-être. Ou peut-être qu'il nous tend un piège. — Alors on va lui demander directement, je dis. Thorne range la carte dans sa poche et vérifie sa montre. — Dans vingt minutes, on y va. Prépare-toi. Il s'éloigne vers le QG, laissant Jax et moi face à l'obscurité. Le vétéran allume enfin sa cigarette, la flamme éclairant brièvement ses traits creusés par des années de terrain. — Tu crois vraiment qu'il va parler ? il demande. Je n'ai pas de réponse.




