Lhôtel Le Rideau dOr
Public Story

Lhôtel Le Rideau dOr

La faim me vrille les entrailles, une douleur lancinante qui pulse au rythme faible de mon cœur. Autour de moi, l'appartement se décompose, une coquille vide dans un monde qui l'est tout autant.

WildSentinel743
AuthorWildSentinel743
Created29. March 2026
Chapters16

Story context

World description

Une Norvège post-apocalyptique, dévastée par une catastrophe nucléaire. Le paysage est gris, poussiéreux et stérile. Dans un monde dévasté par une catastrophe nucléaire et une famine généralisée, une famille affamée accepte l'invitation d'un propriétaire charismatique de l'hôtel Le Rideau d'Or, pour un dîner-spectacle gratuit. Ils découvrent rapidement que l'hôtel cache un secret macabre où les spectateurs risquent de devenir ...

Initial situation

La famine extrême. Jacob, Leonora et leurs petite fille Alice vivent dans un appartement délabré, de la Norvège, dévasté par un explosion nucléaire, entourés de cadavres de voisins morts de faim ou de froid. Ils n'ont plus rien à manger et luttent chaque seconde pour ne pas abandonner tout espoir. Lors d'une promenade ils croisent le chemin d'un colporteur qui parcourt les rues pour annoncer un événement exceptionnel : une rep...

Objective

1. Les Objectifs des personnages : Leonora (Protagoniste) : Son seul objectif est la protection de sa famille. Au début, elle cherche de la nourriture pour leur survie physique, puis elle passe à une quête de vérité et de sauvetage pour retrouver Alice. Mathias (Antagoniste) Directeur de l'hôtel et metteur en scène de cette pièce macabre de théâtre : Son objectif est la préservation de la "civilisation" à n'importe quel prix. ...

Chapter samples

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Chapter 1
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La faim me vrille les entrailles, une douleur lancinante qui pulse au rythme faible de mon cœur. Autour de moi, l'appartement se décompose, une coquille vide dans un monde qui l'est tout autant. La lumière blafarde qui filtre à travers les fenêtres crasseuses suffit à peine à distinguer les contours des corps étendus dans le couloir – nos...

La faim me vrille les entrailles, une douleur lancinante qui pulse au rythme faible de mon cœur. Autour de moi, l'appartement se décompose, une coquille vide dans un monde qui l'est tout autant. La lumière blafarde qui filtre à travers les fenêtres crasseuses suffit à peine à distinguer les contours des corps étendus dans le couloir – nos voisins, partis avant nous, emportés par la famine ou le froid. Alice, blottie contre moi, tremble légèrement. Ses cheveux blonds, d'habitude si éclatants, sont ternes, collés à son visage maigre. Son petit manteau rouge, rapiécé tant de fois, ne suffit plus à la protéger du froid qui s'insinue à travers les murs. Jacob, lui, est assis sur le rebord de la fenêtre, le regard perdu dans le paysage désolé. Sa barbe, autrefois soignée, est hirsute, et ses épaules sont affaissées sous le poids de l'impuissance. Depuis combien de temps n'avons-nous pas mangé un repas digne de ce nom ? Je ne sais plus. Les jours se fondent les uns dans les autres, rythmés par la même rengaine : la faim, le froid, et la peur. La peur de ne pas survivre, la peur de voir Alice s'éteindre sous mes yeux. Soudain, un cri rauque déchire le silence. Un colporteur, le visage dissimulé sous un chapeau crasseux, arpente la rue, sa voix éraillée résonnant entre les immeubles en ruine. Il parle d'un spectacle, d'un festin, d'une soirée inoubliable à l'hôtel Le Rideau d'Or. Un hôtel ? Ici ? Un endroit pareil existe encore ? Jacob se redresse, un éclair d'espoir dans les yeux. Alice, elle, me serre plus fort, instinctivement méfiante. Je l'écoutais attentivement. Le colporteur raconte qu'il y aura un repas complet pour les spectateurs. Un repas ! Je n'ose à peine y croire. De la nourriture, à volonté, pour nous tous. Jacob insiste. Il me murmure qu'il faut tenter notre chance, que c'est peut-être notre unique espoir. Alice a besoin de manger, et nous aussi. Après une hésitation déchirante, je cède. Je fouille dans nos maigres possessions, dénichant quelques pièces rouillées, nos dernières économies. Le colporteur me tend trois billets, imprimés sur un papier épais et doré. L'hôtel Le Rideau d'Or, y lit-on en lettres élégantes. Une représentation théâtrale et un repas somptueux, offerts à ceux qui oseront franchir ses portes. En rentrant, je serre les billets contre mon cœur, partagée entre l'espoir et l'appréhension. L'hôtel Le Rideau d'Or... Quel genre d'endroit peut-il bien être, pour offrir un tel festin en ces temps de misère ? Et quel prix faudra-t-il payer pour y participer ? Le soleil commence à décliner, baignant la ville d'une lumière grise et sinistre. L'hôtel nous attend, tapi dans l'ombre, comme une promesse et une menace à la fois. Au loin, une meute de chiens hurle, amplifiant le sentiment d'un danger imminent. Alice, elle, me regarde avec ses grands yeux innocents, attendant que je prenne une décision.

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Chapter 2
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Le froid mord la peau tandis que nous traversons les ruines, Alice cramponnée à ma main comme à une bouée. Ses petits doigts sont raides, glacés malgré la laine trouée de ses mitaines. Jacob marche devant, le pas déjà plus vif, animé par cette lueur d'espoir que je redoute autant que je la comprends. L'hôtel Le Rideau d'Or se dresse soud...

Le froid mord la peau tandis que nous traversons les ruines, Alice cramponnée à ma main comme à une bouée. Ses petits doigts sont raides, glacés malgré la laine trouée de ses mitaines. Jacob marche devant, le pas déjà plus vif, animé par cette lueur d'espoir que je redoute autant que je la comprends. L'hôtel Le Rideau d'Or se dresse soudain devant nous, imposant et absurde dans ce paysage de désolation. Ses façades sont intactes, ornées de dorures qui accrochent la lumière grise du crépuscule. Des lanternes brûlent à l'entrée — du vrai feu, pas ces lampes à huile fumeuses que nous utilisons depuis la catastrophe. La porte s'ouvre avant même que je n'aie frappé. Un valet au visage lisse, vêtu d'un costume noir impeccable, nous accueille avec un sourire qui semble peint sur ses lèvres. Il nous tend trois masques dorés, ouvragés, presque beaux. Je les prends avec précaution, glissant le métal froid contre ma peau. Le masque s'ajuste parfaitement, comme s'il avait été conçu pour moi, et cette précision me glace plus que le vent. L'intérieur est une insulte au monde que nous avons laissé derrière nous. Des lustres de cristal déversent une lumière chaude sur un hall de marbre blanc. Des tapisseries aux teintes pourpres couvrent les murs, et l'air lui-même est lourd, chargé d'une odeur de viande rôtie et d'épices. Mon estomac se tord, mes genoux flageolent. Jacob aspire une grande bouffée, les yeux brillants. Je lui agrippe le bras avant qu'il ne s'élance. « Regarde-les, Jacob. » Ma voix est étouffée par le masque, mais je la veux ferme. « Tout ce luxe au milieu des cadavres, ça n'a aucun sens. Ne baisse pas ta garde, s'il te plaît. On nourrit Alice et on reste groupés, quoi qu'il arrive. » Il hésite, cligne des yeux comme s'il émergeait d'un rêve, puis hoche la tête. Je me penche vers Alice, adoucissant mon ton : « Reste bien près de maman, ma puce. C'est un jeu de cache-cache géant ce soir. » Elle acquiesce gravement, ses yeux trop sérieux pour une enfant de sept ans fixés sur les miens à travers les fentes du masque. Le hall grouille de monde. Des silhouettes masquées se pressent autour d'un buffet monumental où s'empilent des viandes, des pains dorés, des fruits que je n'ai pas vus depuis des années. La foule se rue, les mains plongent dans les plats, des bruits de mastication goulue s'élèvent. C'est animal, désespéré. Puis le silence tombe. Un homme descend le grand escalier. Cinquante ans, peut-être, une élégance si parfaite qu'elle en devient surnaturelle. Son costume noir est taillé dans un tissu qui semble boire la lumière. Il se déplace avec une lenteur calculée, chaque geste mesuré, comme s'il offrait sa présence en spectacle. Son regard balaie la salle — et s'arrête. Sur Alice. Sur le rouge de son manteau, cette tache de couleur vive dans un monde devenu gris. Ses yeux, d'un bleu pâle presque transparent, s'attardent avec une insistance qui me vrille le ventre. Il sourit, d'un sourire qui n'atteint pas ses yeux. Derrière nous, une femme s'approche. Brune, le visage découvert, une pomme d'un rouge éclatant à la main. Elle se baisse vers Alice, la voix doucereuse : « Petite, tu veux goûter ? Elle est sucrée, je te promets. » Je serre la main de ma fille contre ma poitrine et recule d'un pas, le cœur cognant si fort que j'entends à peine le murmure de la foule autour de nous.

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Chapter 3
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Je m'interpose entre la femme brune et Alice, ma main glissant sur le poignet de ma fille avec une douceur que je suis loin de ressentir. Je l'attire contre moi, l'éloignant de cette pomme trop rouge, trop parfaite dans un monde où les fruits pourrissent sur pied ou n'existent plus. « Merci, mais ma fille ne mange rien qu'elle n'ait part...

Je m'interpose entre la femme brune et Alice, ma main glissant sur le poignet de ma fille avec une douceur que je suis loin de ressentir. Je l'attire contre moi, l'éloignant de cette pomme trop rouge, trop parfaite dans un monde où les fruits pourrissent sur pied ou n'existent plus. « Merci, mais ma fille ne mange rien qu'elle n'ait partagé avec ses parents. » Ma voix est feutrée, glaciale. La femme — Rakel, je crois avoir entendu ce nom dans un murmure — penche la tête, un sourire narquois étirant ses lèvres. Elle hausse les épaules avec une nonchalance étudiée et s'éloigne, la pomme toujours à la main, disparaissant dans la foule des corps masqués. Mais avant qu'elle ne tourne complètement le dos, je le vois. Derrière son oreille, à la naissance de la mâchoire, un petit tatouage. Un lapin blanc aux yeux rouges, dessiné avec une précision presque enfantine. Mon souffle s'étrangle dans ma gorge. C'est le genre de détail qu'on remarque quand on a passé des années sur les planches, à observer les autres artistes, à lire les signes invisibles. Je plaque un sourire sur mon visage, un masque par-dessus le masque, et je me tourne vers Jacob. Il est figé, les yeux perdus dans le scintillement des lustres, la bouche entrouverte comme s'il buvait la lumière. Je lui saisis le bras, mes doigts s'enfonçant dans l'étoffe usée de sa veste. « Jacob. » Ma voix est un murmure pressant. Il cligne des yeux, lentement. « Jacob, ouvre les yeux. Regarde ces spectateurs. » Je lui désigne d'un mouvement de tête la foule qui se presse autour du buffet. Des silhouettes débraillées, les vêtements en lambeaux sous les masques dorés, qui plongent leurs mains sales dans les plats sans même prendre le temps de mâcher. Ils grognent, ils bavent, ils se bousculent pour une cuisse de volaille. « Ils mangent comme des animaux, Jacob. Sans se soucier de nous. Ne baisse pas ta garde, reste groupé avec nous. » Il hoche enfin la tête, mais son regard reste trouble. Je l'entraîne vers une table plus calme, en retrait du buffet principal, où je peux voir les allées et venues sans avoir la foule dans le dos. Alice serre ma main, silencieuse, obéissante. Je me retourne pour attraper une assiette — et je la vois. À l'autre bout de la pièce, près d'une fontaine d'eau adossée au mur, une jeune femme au visage pâle. Sa robe est abîmée, déchirée à l'épaule, et elle frotte ses joues avec une énergie frénétique, tentant d'effacer son maquillage à l'eau claire. Ses gestes sont saccadés, désespérés. Elle se retourne. Nos regards se croisent à travers la salle bondée. Ses yeux sont grands, cernés, brillants d'une peur que je reconnais. Puis, d'un geste discret, presque imperceptible, elle lève la main et pointe un couloir sombre derrière le buffet. Une seconde. La foule la bouscule, l'emportant dans son mouvement, et elle disparaît. Je reste figée, l'assiette vide dans les mains, le cœur cognant contre mes côtes.

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