Francbois : Le dernier elfe
Public Story

Francbois : Le dernier elfe

Le soleil cogne dur sur la peau tannée de ton visage alors que tu arrives à Franc-bois, la poussière soulevée par tes bottes elfiques retombant lentement derrière toi. Trois millénaires, et tu n'as jamais vu un trou aussi perdu.

StormyStryker197
AuthorStormyStryker197
Created26. December 2025
Chapters13

Story context

World description

Universe for this story: fantastique

Character introduction

Alk haïr

Alk haïr

Role: Elfe

Chapter samples

1
Chapter 1
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Le soleil cogne dur sur la peau tannée de ton visage alors que tu arrives à Franc-bois, la poussière soulevée par tes bottes elfiques retombant lentement derrière toi. Trois millénaires, et tu n'as jamais vu un trou aussi perdu. Les bâtiments en bois brut s'alignent le long d'une unique rue, le saloon local crachant une musique de piano d...

Le soleil cogne dur sur la peau tannée de ton visage alors que tu arrives à Franc-bois, la poussière soulevée par tes bottes elfiques retombant lentement derrière toi. Trois millénaires, et tu n'as jamais vu un trou aussi perdu. Les bâtiments en bois brut s'alignent le long d'une unique rue, le saloon local crachant une musique de piano désaccordée et des rires gras. L'odeur de la sueur et du whisky bon marché flotte dans l'air. Tu ajustes ton long manteau de cuir, une habitude prise au fil des siècles, et observes les visages burinés qui t'examinent depuis les porches et les fenêtres. Alk Haïr, elfe parmi les humains, une curiosité dans ce coin oublié du monde. Tu sens le poids rassurant de ton arc en bois d'ébène sur ton dos, et la poignée froide de ton revolver à la ceinture. Un homme, visiblement le shérif, sort du saloon, son étoile brillant sur sa poitrine. Il te dévisage avec suspicion. « Etranger, on n'en voit pas souvent par ici. » Tu réponds d'une voix calme, ta voix portant l'écho des forêts anciennes : « Je suis de passage. J'ai entendu dire que les choses sont… animées, dans le coin. » Le shérif crache sur le côté. « Animées, c'est le mot. Surtout depuis que les disparitions ont commencé. Les mineurs, les fermiers… disparus sans laisser de trace. On dit qu'il y a quelque chose dans les collines. » Il te fixe, ses yeux plissés. « Vous êtes chasseur, n'est-ce pas ? Ou quelque chose dans le genre. Je vois ça à votre regard. » Un silence tendu s'installe, seulement brisé par le grincement d'une enseigne rouillée au vent. Le shérif attend, et tu sais que ta réponse va définir ton rôle dans cette histoire. Acceptes-tu de t'impliquer dans cette sombre affaire, ou préfères-tu poursuivre ton chemin, laissant Franc-bois à son funeste destin ?

2
Chapter 2
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Tu soutiens son regard sans ciller. Trois mille ans t’ont appris qu’un silence bien placé vaut parfois une longue confession. Tu poses lentement la main sur la crosse du revolver — pas pour menacer, juste pour rappeler que tu sais t’en servir — puis tu la retires, paume ouverte. Un geste ancien, appris bien avant que les humains ne sachen...

Tu soutiens son regard sans ciller. Trois mille ans t’ont appris qu’un silence bien placé vaut parfois une longue confession. Tu poses lentement la main sur la crosse du revolver — pas pour menacer, juste pour rappeler que tu sais t’en servir — puis tu la retires, paume ouverte. Un geste ancien, appris bien avant que les humains ne sachent fondre le fer. « Je chasse ce qui ne laisse pas de traces », dis-tu enfin. Ta voix est basse, posée, comme si elle venait de sous la terre elle-même. Le shérif lève un sourcil, visiblement intrigué. « Ce qui ne laisse pas de traces… Intéressant. Et qu'est-ce qui, selon vous, ne laisse pas de traces dans ces collines, l'étranger ? » Tu observes le shérif. Son nom est gravé sur une plaque en métal grossière accrochée à sa poitrine : Joe Harrisson. Il semble usé, mais ses yeux bleus brillent d'une intelligence vive. Un homme qui a vu beaucoup de choses, sans doute, mais qui reste dépassé par ce qui se passe ici. « Je n'en sais rien encore. Mais je suis venu pour le découvrir. Les disparitions… elles ont commencé quand ? » Harrisson soupire, passant une main rude sur son visage. « Il y a environ un mois. Au début, on pensait à des animaux sauvages, des éboulements… les dangers habituels de la région. Mais ensuite, les corps ont commencé à revenir. Ou plutôt, des morceaux. Déchiquetés, vidés de leur sang. Et aucune trace de l'agresseur. » Il te jette un regard sombre. « Les gens ont peur. Ils parlent de démons, de malédictions indiennes… des conneries. Mais la vérité, c'est qu'on est impuissants. » Un frisson te parcourt l'échine. Des créatures qui ne laissent pas de traces… Cela pourrait être beaucoup de choses, certaines banales, d'autres… beaucoup moins. Ton instinct te dit qu'il y a quelque chose de profondément anormal dans ces collines. « Emmenez-moi sur les lieux de la dernière disparition. Je veux voir de mes propres yeux. » Harrisson hésite. « C'est dangereux, l'étranger. Je ne peux pas vous y emmener de force. Mais je ne peux pas vous en empêcher non plus. » Il marque une pause, puis ajoute avec une lueur d'espoir dans les yeux : « Si vous trouvez quelque chose… Si vous pouvez arrêter ça… Vous seriez plus qu'un simple étranger à Franc-bois. » Le soleil continue de taper, rendant la poussière ambiante presque palpable. Tu sens le poids de l'attente sur les épaules des habitants, leurs regards accrochés à tes moindres mouvements. L'odeur âcre de la peur se mêle à celle du whisky et de la sueur. « Alors, shérif ? On y va ? »

3
Chapter 3
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Je hoche lentement la tête. « On y va. Maintenant. Tant que le soleil est encore haut. » Je laisse volontairement Harrisson passer devant. Pas par politesse — par observation. Un homme qui marche vers ce qu’il craint révèle toujours quelque chose : la raideur de ses épaules, la cadence de ses pas, la façon dont sa main cherche inconsciemm...

Je hoche lentement la tête. « On y va. Maintenant. Tant que le soleil est encore haut. » Je laisse volontairement Harrisson passer devant. Pas par politesse — par observation. Un homme qui marche vers ce qu’il craint révèle toujours quelque chose : la raideur de ses épaules, la cadence de ses pas, la façon dont sa main cherche inconsciemment son arme. Celui-ci a peur, oui… mais il avance. Bon signe. Nous quittons la rue principale. Les rires du saloon s’éteignent derrière nous comme une porte qu’on referme trop vite. Franc-bois redevient ce qu’elle est vraiment : une poignée de bâtiments accrochés au néant. En marchant, je parle à voix basse. « Les corps vidés de leur sang… laissés en morceaux… » Je marque un temps. « Est-ce que les os sont brisés ? Broyés ? Ou propres, comme découpés ? » Je m’accroupis un instant, ramasse une poignée de poussière, la laisse couler entre mes doigts. Trop fine. Trop sèche. La terre ne garde rien ici. Ce qui chasse dans ces collines a choisi un terrain parfait. Nous arrivons enfin. Un ancien chemin de mine, à demi effondré, bordé de rochers striés par le vent. L’air change immédiatement. Plus lourd. Plus froid. Les oiseaux se taisent — toujours un mauvais signe. Je m’arrête net. « Ne franchissez pas cette limite », dis-je sans me retourner. Ma voix ne tolère aucune discussion. « À partir d’ici, je travaille seul. » Je ferme les yeux un bref instant et laisse mes sens glisser au-delà de la vue. Les siècles m’ont appris à écouter ce que le monde murmure quand on cesse de parler. Il y a une odeur métallique. Pas celle du sang frais — celle de quelque chose d’ancien, rance, qui imite la mort sans en être. Je pose un genou à terre. Pas une empreinte. Pas une trace de lutte. Rien. Puis je vois ce qui cloche. Le silence n’est pas naturel. Il est… organisé. Je murmure, plus pour moi-même que pour le shérif : « Ce n’est pas une bête. Ce n’est pas un démon non plus. C’est pire. » Je me redresse lentement, la main déjà glissée vers mon arc d’ébène. « Harrisson… dites à vos hommes de préparer des lampes à huile. Pas de balles en argent. Pas de croix. Ça ne servira à rien. » Je fixe l’entrée béante de la mine. « Ce qui vit là-dessous apprend. Et il a déjà compris que les humains crient avant de mourir. » Le vent s’engouffre dans la galerie, comme une respiration. Quelque chose, dans l’obscurité, vient de nous remarquer.

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